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Interview FedUp ,Graffeuse de Metz

par Island Slalom Tour 29 Avril 2013, 10:11 INTERVIEW Graffiti

Direction Metz à la découverte d'un graffeuse qui est bien active pour promouvoir le graffiti!!Et une petite interview s'impose pour découvrir cette graffeuse!Allez c'est parti!!

 

Ton blaze (nom de graffeuse) ?


- FedUp

 

Metz-Graffiti-Collection-fedup-copie-1.JPG


Ton premier graffiti (en quelle année ? où ? avec qui ?)


- été 2001, sur un mur d'une installation EDF, à côté d'un étang, pas très loin de chez moi, avec deux de mes meilleures copines et le chien de l'une d'entre elles. Même si l'une des deux avait voulu tester la bombe pour le fun, elles ne m'accompagnaient pas pour peindre, c'était surtout pour l'aventure (et pour faire les guets), pour une fois qu'on faisait quelque chose d'interdit! Et puis on savait que c'était un lieu de rendez-vous pour les dealers du quartier d'à côté donc ça n'aurait pas été très prudent d'y aller seule. Du coup, c'était rassurant d'avoir un berger belge avec nous! Et on pensait que ça faisait moins suspect de se balader avec un chien, "promener le chien", c'était toujours un prétexte pour expliquer notre présence sur le lieu au cas où on aurait croisé la police. On avait tellement jamais eu affaire à la police dans notre vie qu'on se disait ça... mdr!

 

Metz Graffiti Collection-fedup 2

 


Pourquoi avoir choisi le graffiti comme mode d’expression ?

 

- Jusqu'à ce jour, c'est le seul mode d'expression que j'ai trouvé qui permette d'exprimer des émotions, de partager des messages, de revendiquer une identité, d'être active physiquement, tout ça sans me soumettre aux normes de communication, c'est-à-dire sans toujours être obligée de parler, de faire du bruit et de me donner en spectacle devant les autres. Le graff est parfait pour les personnes comme moi, un peu trop introverties pour faire une activité expressive qui attire d'emblée l'attention sur soi. Comme on a pas forcément besoin d'avoir d'un public pour agir, je suis libre de revendiquer mes graffs ou non. Je choisis de me montrer ou de me cacher, je décide d'accepter ou de refuser le regard des autres. Contrairement à bien d'autres activités, l'approbation des autres n'est pas constamment indispensable quand on graffe.

 

Metz Graffiti Collection-fedup 3

 


Ou aimes tu le plus poser des graffs?

 

- Actuellement, j'aime bien découvrir les halls of fame de différentes villes. Le graff est peut-être le seul truc qui me fasse ressentir l'instinct grégaire. Avec le recul, je trouve qu'un graff isolé dans la rue est bien moins attirant qu'un graff intégré dans une fresque, ou du moins sur un mur entièrement couvert de graffs. Peindre dans un hall of fame ou dans une friche industrielle, sur un plan symbolique, c'est un peu comme entrer dans une ronde, une ronde picturale et je trouve ça rassurant.

 

Metz Graffiti Collection-fedup 4


Quel est l'endroit le plus fou ou tu as posé un graff?

 

- Au Japon l'été dernier! J'ai toujours rêvé d'aller visiter le Japon, depuis toute petite, et puis j'ai enfin eu la chance de pouvoir partir là-bas... Je m'étais renseignée sur l'évolution du Hip Hop au Japon avant mon départ, évidemment la danse et la musique sont les domaines artistiques plébiscités en premier avec le B-boy Park au parc Yoyogi de Tokyo. Pour le graff, c'est surtout à Osaka que ça se passe, comme des entreprises commencent à fermer ou à se délocaliser, les graffeurs Japonais peuvent faire émerger leur art dans ces nouvelles friches industrielles car dans l'espace public, le graff est très mal accueilli. Mais je n'avais pas prévu Osaka dans mon itinéraire. Paradoxalement, ça ne m'a pas manqué de ne pas voir de graff dans les rues, le long des VF. J'aime les différences et les spécificités de chaque culture. Heureusement que le graff n'est pas aussi omniprésent dans le monde qu'une enseigne "mac Do"! A Tokyo, j'ai tout de même trouvé un shop graffiti, avec des vendeurs-graffeurs super sympas, Snipe1 et Ksix, un accueil de passionnés où les graffeurs venaient dessiner sur les blackbooks de comptoir et où je n'ai pas senti la méfiance et la lassitude des graffeurs Français. On m'a tout de suite considérée comme un graffeur à part entière, pas de mise à l'écart comme en France où trop de gars se prennent pour les ennemis publics n°1 et te suspectent d'être un indic si tu ne fumes pas leur shit. Et j'ai donc pu passer une journée avec des graffeurs Japonais, je les ai suivi, dans un climat de confiance. On est allé peindre dans une petite ville à 2h de Tokyo. Le truc que je n'osais pas imaginer avant mon départ tellement j'avais eu du mal à trouver des infos sur le graff au Japon!

 

 

Metz Graffiti Collection-fedup 5


Tu es plutôt axé sur la lettre ? Les personnages ? La couleur ? Le graphisme ? Les formes ?

 


- Lettres et couleurs!

 


Comment perçois-tu ton parcours au sein de la culture graffiti locale ?

 

 

- Mon parcours est en marge de la marge. Le graffiti est encore vu comme quelque chose d'assez marginal d'un point de vue politique en général. Et une femme qui graffe, c'est déjà rare, mais une femme qui graffe par amour du graff et non par amour pour un graffeur est complètement marginalisée par les graffeurs et par les institutions, à cause de la cooptation masculine. Du coup, c'est une double marginalisation pour moi, un parcours extrêmement solitaire, semé d'embrouilles, sans soutien, soit on me disait de laisser tomber ce truc de marginaux, soit on me disait de retourner jouer à la poupée... Au sein de la culture graffiti locale, je suis devenue assez sédentaire, je ne m'aventure plus trop dans les lieux désaffectés, histoire d'éviter de croiser des graffeurs ennemis, mais ça a du bon la stabilité, c'est ce qui m'a permis de progresser et puis de créer un peu de lien social avec les riverains des murs que j'ai l'habitude de peindre.

 

Metz Graffiti Collection-fedup 6

 


Une rencontre importante qui a motivé ton travail?

 

- Je dirais qu'il y en a eu 2. Sader, le seul graffeur qui m'ait prise assez au sérieux pour me parler techniquement de graffiti. Et Géraldine Gourbe, une enseignante que j'ai eu en fac d'arts plastiques et qui m'a initiée aux théories féministes et queer. On dit souvent que le graff est une façon de se rebeller contre le système. On entend pas assez souvent dire que la domination masculine fait partie de ce système qui nous opprime et que par conséquent le graff peut aussi être envisagé comme une façon de se rebeller contre le machisme et le patriarcat.

 


As tu une anecdote cool et rigolote de graff?

 

J'ai des anecdotes cool mais pas spécialement rigolotes, et des drôles mais pas spécialement cool... Une fois à Metz, en terrain, un graffeur de Nancy m'a violemment jetée à terre (pour des histoires de repassages de graffs), ses potes étaient là, autour, prêts à l'assister. Je me suis relevée, énervée et décidée à ne pas le laisser avoir le dernier coup. Il était retourné peindre, je me suis dirigée vers lui et sur mon chemin, j'ai trouvé un truc plus marrant à frapper que ce type : un gros seau rempli de peinture qu'ils avaient laissé à côté de leurs sacs à dos. Donc la peinture s'est renversée partout, elle s'étalait sur des mètres et des mètres, je n'avais jamais vu une aussi grande flaque de peinture de ma vie! et je me suis barrée. Ils étaient trop occupés avec la flaque de peinture pour penser à m'attraper! Avec un seul petit coup de pied, j'ai pu emmerder une dizaine de machos!! Je ne sais pas si on peut appeler ça l'effet papillon... Quand j'y repense aujourd'hui, j'arrive un peu à en sourire mais ça reste un souvenir assez désagréable. Voilà pourquoi je suis en marge de la marge : j'ai eu plus souvent affaire à la répression des graffeurs qu'à la répression policière!!

 


Peux tu nous parler de ton asso?

 

L'association MURAL'ETIK est née pour palier à un manque : le constat a été fait que beaucoup d'asso de graffeurs n'existent généralement que pour faire valoir certains graffeurs et perpétuer une certaine hostilité envers les femmes et les plus jeunes lors de fresques collectives. Il fallait donc passer par la création d'une association pour promouvoir le graff dans un esprit citoyen respectueux de chaque individu quel que soit son sexe, son âge, son expérience ou son manque d'expérience et aussi pour affirmer une conception du graff plus responsable, essayer de promouvoir le graff (la peinture murale) comme un art autonome car généralement il est considéré comme accessoire du hip hop et des cultures urbaines. Le nom de l'association évoque à première vue une éthique murale, mais il signifie également "peinture murale" en basque, langue qui connote on ne peut mieux l'aspiration à l'indépendance!

 


Est ce que c'est important d'avoir des photos de tes graff?

 

oui!!

 

Metz Graffiti Collection-fedup 7


Des dédicaces bien sûr?!

 

Mes amies d'enfance et leurs animaux - Black le berger Belge (RIP) - Maya la Yorkshire croisé Teckel - ma soeur, mes copines de fac, Gits, Derks, Nuke, GOTcrew, Mia, Ser,OSK!

 

 

INTERVIEW Graffiti

commentaires

FedUp 30/04/2013 17:36


Charly a raison ^^


c'est sympa Nuke! :)


 

"Nuke" 30/04/2013 09:43


Merci pour la dédi, Fed up :)


 


Donc pour pas mettre que ça je vous conseille de regarder le site de Fed up sur internet (facebook). Je suis d' ailleurs plus que d' accords avec elle sur le fait d' avoir des photos de ses
graffs quand on peux en prendre c' est important. Aprés faut pas non plus oublier que le graff est un moyen d' expression donc avoir un but quelque chose que l'on doit faire passer.


Je vous conseille aussi de regarder les graffs de ma pote et pas que sur https://www.facebook.com/pages/Metz-Graffiti-Collection/143871555656313?fref=ts 

Island Slalom Tour 30/04/2013 09:58



Ca lui fera plaisir!!


 



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